Par Upsocl
26/11/2020

“Si elle doit vivre une si courte vie, il faut qu’elle ait une maman”, a pensé Nuria Perez, l’infirmière qui n’a pas hésité à adopter Zoé quand elle l’a rencontrée.

Nuria Perez est une infirmière argentine qui avec l’énorme élan de solidarité que renferme son cœur a fait un geste que peu de gens feraient. Dans la salle de néonatologie où elle travaille, elle a vu par hasard un bébé qui allait lui changer la vie.

Ce jour où elle a rencontré Zoé, une nouvelle née qui avait été abandonnée, avait commencé comme n’importe quel autre jour. Le bébé dormait dans un lit comme les autres petits à la différence que personne n’allait la ramener chez lui

Nuria Pérez

Cependant, il y avait autre chose chez cette petite. Elle était atteinte d’hydrocéphalie, une maladie rare qui faisait qu’elle avait deux petits sacs de liquide dans son crâne au lieu des hémisphères cérébraux classiques. À cause de cette affection, son espérance de vie était d’environ un an.

“L’absence d’hémisphères formés faisait qu’elle ne pouvait ni voir, ni entendre, elle n’allait évidemment pas pouvoir marcher. Mais son tronc cérébral était formé, ce qui faisait que le fonctionnement de ses petits poumons et de son cœur était normal”, a dit Nuria en conversation avec Infobae.

Nuria Pérez

Les semaines passaient dans l’hôpital Eva Peron à Santa Lucia dans le Nord de l’Argentine, et la condition du bébé était la même: sans famille et avec ses jours pratiquement comptés. Nuria savait qu’elle devait faire quelque chose pour l’aider.

Elle était déjà maman d’un petit de 9 ans et cela lui brisait le cœur de voir ce bébé abandonné. “Les enfants dans cette situation sont toujours particuliers pour nous, le contact est plus fort que celui que nous avons avec les bébés qui ont leur maman et leur papa. Zoé n’était pas ma patiente, je me suis peu occupée d’elle mais j’allais toujours la voir et passait un petit moment avec elle”, a-t-elle dit.

Nuria Pérez

Un mois après l’avoir rencontrée, un mois et demi, j’ai dit à mes collègues: ‘Je vais être sa maman’”, a t-elle dit.

“J’ai pensé: ‘Si elle doit vivre une vie si courte, il serait bien qu’elle ait une maman, un frère, des grands parents, des oncles et des cousins, une maison, un lit, des vêtements à elle et ses jouets’. Je crois qu’il y a de nombreuses manières d’être maman et l’adoption est une façon différente à celle que j’ai connue”, a continué cette infirmière sur les raisons qui l’ont amenée à prendre cette décision.

Nuria Pérez

En cherchant à en savoir plus sur la vie de la petite, Nuria a retrouvé la mère biologique de Zoé, c’était une jeune fille sans ressources pour être responsable de la petite. Et quand elle a parlé à la famille, la réponse a été positive. Elle est ainsi devenue la nouvelle maman de Zoé.

“Je l’ai toujours traitée comme n’importe quel enfant. Je ne me suis jamais dit qu’elle devait souffrir ou ‘mon pauvre petit bébé’. Je l’emmenais au parc, je la mettais dans les manèges, nous sortions manger en famille avec elle: des choses normales que les parents d’enfants handicapés n’osent peut-être pas faire”, a-t-elle raconté.

“Nous avions évidemment eu des peurs, des incertitudes, encore plus quand la date fatidique approchait. Au delà du fait que nous savions que cela allait arriver à un moment, nous ne sommes jamais préparés à la mort, encore moins à la mort de son enfant”, a-t-elle ajouté.

Nuria Pérez

Cependant, les années passaient et la petite était toujours avec la famille jusqu’à son cinquième anniversaire. C’est en août 2019 que la petite est décédée, quatre ans de plus que son espérance de vie. Le bébé a présenté une complication respiratoire et ils l’ont emmenée aux urgences à l’hôpital, un jour que Nuria n’oubliera jamais.

“Le médecin m’a ordonné de sortir mais j’ai dit que je n’allais pas m’en aller car je n’allais pas la laisser seule. Il m’a mal traitée, il m’a attrapée par un bras et m’a poussée contre une table. Pour moi cela a été terrible cette situation, j’avais promis à Zoé que je n’allais jamais la laisser seule, même dans le pire moment”, a-t-elle raconté. 

Nuria PérezC’est ici que j’ai dû prendre “la décision la plus difficile de ma vie”, en acceptant qu’on ne l’intube pas, qu’on ne la réanime pas et ne pas maintenir la vie de la petite fille. “Peut être qu’on aurait pu la réanimer et qu’elle s’en serait sortie et qu’elle aurait pu rentrer à la maison. Ou peut- être qu’elle serait restée intubée à l’hôpital jusqu’à la fin, et que cela n’aurait fait que prolonger son agonie, et aucun de nous ne voulait cela pour elle” s’est elle excusée. 

Nuria est encore en train de s’adapter à la perte de Zoé, mais toujours avec fierté d’avoir été une mère digne et exemplaire.

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