Abena Christine Jon’el avait 2 ans lorsqu’une tumeur est apparue dans son mollet droit.

Il s’agissait d’un rhabdomyosarcome, un cancer rare et agressif des tissus mous. Les médecins ont proposé deux options à sa mère : la radiothérapie, qui aurait pu la laisser en fauteuil roulant, ou l’amputation. Sa mère a choisi cette dernière. « C’était la meilleure décision qu’elle pouvait prendre », dit-elle aujourd’hui sans hésiter.

Elle a grandi à Chicago, courant sur une seule jambe, bruyante et indisciplinée, bien loin du stéréotype de la jeune fille handicapée douce et parfaite. Elle est devenue poète, écrivaine et conférencière. Mais quelque chose l’appelait en Afrique, et en 2021, elle s’est rendue au Ghana pour la première fois. À son retour, elle a sombré dans une profonde dépression : elle avait l’impression qu’on lui avait arraché un lieu auquel son âme appartenait. Trois mois plus tard, elle a fait ses valises et s’y est installée définitivement.

Aujourd’hui, à 33 ans, elle vit à Accra et défile avec une prothèse enveloppée de tissu kente. Ce n’est pas seulement une aide à la mobilité : c’est sa déclaration d’amour au pays qui l’a accueillie. « Avoir un handicap ne signifie pas être handicapé », dit-elle. « C’est le manque de soutien et d’accessibilité qui vous handicape ».
