Iryna Zarutska avait 23 ans, avait échappé à l’invasion russe et avait passé trois ans à reconstruire sa vie à Charlotte, en Caroline du Nord. Dans la nuit du 22 août 2025, elle rentrait de son travail dans une pizzeria lorsque Decarlos Brown Jr., 35 ans, l’a abordée à la station East/West Boulevard de la Lynx Blue Line et l’a poignardée au cou et à la gorge sans aucune provocation. Iryna est morte sur place.

Ce qui rend cette affaire insupportable, ce n’est pas seulement la brutalité du crime, mais aussi ce qui l’a précédé. Brown avait accumulé 14 arrestations pour des infractions comprenant le vol à main armée et des agressions. Malgré ce casier, en janvier 2025, soit seulement sept mois avant le meurtre, il a été libéré sur une simple promesse écrite de comparaître devant le tribunal. Pas de caution, pas de véritables mesures de surveillance. Juste sa parole.

Le 10 juin 2026, lors d’une audience fédérale à Charlotte, Brown a crié contre le juge Kenneth D. Bell, a interrompu la séance et a déclaré que des dispositifs implantés dans son corps contrôlaient ses actes. Les avocats de la défense ont présenté une évaluation psychiatrique fédérale et ont demandé qu’il soit déclaré inapte à être jugé. Le juge a accepté. Brown sera admis pour une durée pouvant aller jusqu’à quatre mois dans un centre médical pénitentiaire fédéral, et le procès, passible de la peine de mort, est suspendu pour une durée indéterminée. Le système qui l’a laissé en liberté pour qu’il puisse tuer Iryna lui accorde maintenant aussi le temps dont il a besoin pour éviter d’en répondre.


