
Gianfranco Ferré ne s’est pas lancé dans la mode par la voie habituelle. Avant de prendre la direction de Christian Dior entre 1989 et 1996 —succédant à Marc Bohan dans un choix qui rompait avec la tradition française de la maison— il étudia l’architecture à l’École polytechnique de Milan, où il obtint son diplôme en 1969.
Cette formation ne le quitta jamais. Ferré était connu comme « l’architecte de la mode », et peu de pièces le montrent aussi clairement que la robe dite Palladium, présentée pour Dior dans la collection Haute Couture printemps/été 1992 : une pièce d’inspiration classique qui transpose des éléments de l’architecture gréco-romaine dans le vêtement. La soie plissée rappelle le fût cannelé d’une colonne, tandis que l’encolure et les manches évoquent les volutes d’une colonne ionique, transformant le corps en une véritable structure architecturale.

La suite fut particulièrement curieuse. Naoko Takeuchi, créatrice de Sailor Moon, était connue pour intégrer des références à la haute couture dans les tenues de ses personnages. Parmi ces références figure une création de Gianfranco Ferré pour Dior, et la robe de la princesse Sérénité présente une ressemblance particulièrement frappante avec la robe Palladium.

Bien plus qu’une simple coïncidence visuelle, le lien est particulièrement intéressant parce qu’il résume l’une des caractéristiques essentielles du travail de Ferré : sa capacité à transformer des concepts architecturaux — structure, proportion, volume et ornementation — en formes conçues pour le corps humain.
