Quand le match s’est terminé, Lamine Yamal n’a pas couru célébrer. Il a d’abord cherché l’homme qu’il venait d’éliminer.
Il faut regarder cette photo de près, car il faut des décennies au football pour en produire une autre comme celle-ci : un garçon de 18 ans étreignant une légende de 41 ans. Celui qui vient d’arriver faisant ses adieux à celui qui s’en va. L’aube consolant le crépuscule.
Quand Lamine est né, en 2007, Cristiano avait déjà joué une Coupe du monde. Le garçon a grandi sur une planète où le numéro 7 du Portugal était un fait de la nature, comme la mer ou les montagnes : il avait toujours été là. Il a appris à rêver en le regardant voler.
Et hier soir, c’était son tour, précisément le sien, de lui fermer la porte des Coupes du monde. Le football a ces cruautés élégantes : il confie les fins aux héritiers.
C’est pourquoi cette étreinte en dit tant. Ce n’est pas de la pitié : c’est de la révérence. C’est un garçon qui comprend qu’il marche sur un chemin que quelqu’un d’autre a ouvert. C’est la seule manière digne de recevoir une couronne : en s’inclinant devant celui qui l’a portée.
Les rois passent. Les trônes demeurent. Et de temps en temps, si la chance le permet, ils s’étreignent à la frontière.
Merci pour tout, Cristiano. Bon voyage, Lamine. Le football est entre de bonnes mains. 🐐👑
