Philip Reilly portait un chapelet à la main et ne prononçait jamais un mot inutile.

Pendant des décennies, il s’est tenu devant des cliniques d’avortement à New York, en plein soleil, heure après heure, offrant aux mères en situation de crise quelque chose que personne d’autre sur place ne leur donnait : du temps, du calme, une véritable alternative. Il ne criait pas de slogans. Il priait en silence et ne parlait que lorsqu’une personne s’approchait à la recherche d’une issue.

Le soleil qu’il a supporté si longtemps lui a laissé un cancer de la peau qui a progressé lentement et sans demander la permission, jusqu’à ce que les médecins doivent lui enlever une grande partie du nez. Reilly n’a pas quitté la rue. Les cicatrices sur son visage sont restées comme la preuve de quelque chose qu’il n’avait plus besoin d’expliquer avec des mots : tout ce qu’il était prêt à donner pour les vies qu’il essayait de protéger, mère après mère, bébé après bébé, pendant des années.

