Kelly Fidoe-White n’avait que 6 ans lorsqu’elle a remarqué que son urine avait une odeur différente.

Elle ne le comprenait pas encore à l’époque, mais ce minuscule détail allait marquer le début d’une vie définie par des regards gênés, des commentaires dans son dos et une solitude qu’elle décrit elle-même comme une prison invisible. À Oldham, dans le Grand Manchester, cette technicienne en radiologie de 45 ans a grandi en entendant qu’elle sentait mauvais, qu’elle devrait se laver davantage, qu’il y avait quelque chose de sale chez elle. Elle se douchait jusqu’à quatre fois par jour. Elle changeait d’uniforme deux fois par service. Rien n’y faisait.

Ce n’est qu’en 2015 qu’elle a appris qu’elle était atteinte de triméthylaminurie, une maladie si rare qu’il n’existe que 100 cas documentés dans le monde. Son corps était tout simplement incapable de métaboliser une certaine substance, et aucune quantité de savon n’y aurait changé quoi que ce soit. Aujourd’hui, après des années de thérapie et des ajustements de son alimentation, Kelly n’a presque plus de symptômes — et elle raconte son histoire pour que plus personne n’ait à porter ce silence dans la solitude.

