Muhammad Ali ne perdait pas facilement ses combats. Mais il disait qu’il existait une défaite pire que n’importe quel KO : rester immobile intérieurement.
“Un homme qui, à cinquante ans, voit le monde de la même façon qu’à vingt ans a gaspillé trente ans de sa vie.”

Il l’a dit comme ça, sans détour, de la même manière qu’il lançait ses coups. Et il ne parlait ni d’argent ni de titres. Il parlait de quelque chose de plus difficile à conquérir : changer d’avis sans avoir l’impression de se trahir.
Ali savait de quoi il parlait. Il était Cassius Clay avant de devenir Muhammad Ali. Il a changé de nom, de religion, de manière de voir le monde entier. Il a refusé de partir à la guerre du Vietnam et a payé ce coup par des années entières hors du ring, durant la meilleure période de sa carrière.
Beaucoup auraient défendu leur position habituelle par orgueil seulement. Lui a préféré perdre des années de gloire plutôt que de perdre sa cohérence avec ce qu’il commençait à croire.
C’est pourquoi cette phrase a un poids différent venant de lui. Elle n’a pas été prononcée par un philosophe de salon. Elle a été prononcée par un homme qui s’est réinventé en public, sous les yeux du monde entier qui observait et critiquait chaque changement.

Ali est mort en 2016, à 74 ans, mais cette idée tient toujours debout. Toute personne qui, aujourd’hui, ose penser différemment de ce qu’elle pensait hier, sans craindre de se contredire, suit son conseil sans le savoir.
Grandir est aussi une façon de lutter.
