Le cerveau sort de l’usine avec un plan de ce à quoi votre corps devrait ressembler. Et parfois, ce plan ne correspond pas à l’anatomie avec laquelle vous êtes né.
En 2008, le neuroscientifique V.S. Ramachandran, de l’Université de Californie à San Diego, a étudié 29 hommes trans. 60 % d’entre eux, soit 18 personnes, ont déclaré ressentir un pénis fantôme qu’ils n’avaient jamais eu biologiquement. Ils en percevaient la taille, la forme, et même des érections et des orgasmes localisés dans un organe inexistant.

C’est différent du membre fantôme ressenti par les personnes qui perdent un membre à la suite d’une amputation. Dans ce cas, le cerveau regrette quelque chose qui a réellement existé. Chez les hommes trans, en revanche, le cerveau revendique quelque chose qui, selon sa propre carte neurologique, aurait toujours dû être là. Pour beaucoup, c’est une confirmation silencieuse de leur identité. Pour d’autres, le contraste entre cette sensation et leur corps réel devient une source supplémentaire de dysphorie.

