Par Upsocl
23/08/2022

Il s’appelle Ian Alejandro Rubey, il est un homme transgenre de 31 ans et est enceint de 33 semaines, il attend l’arrivée de ses enfants. “Ils m’ont donné un congé maternité mais je vais être papa”, a-t-il précisé.

Un homme trans est enceint et voici le chemin qu’il a parcouru pour arriver, non seulement à porter des jumeaux dans son ventre, mais également à accepter qu’il est toujours un homme et que sa masculinité ne sera pas affectée par sa grossesse.

 

Ian Alejandro Rubey, a 31 ans et est diplômé en sciences biologiques. Il travaille actuellement dans une école secondaire et s’apprête à partir en congé maternité puisque l’arrivée de ses bébés est prévue pour août. Cependant, pour lui, cela ne signifie pas qu’il va devenir mère, mais bien père.

Noelia Vivas

Il a déjà tout prévu : Non seulement il pense à porter ses enfants, mais il va aussi accoucher par voie basse et les allaiter, puisqu’il n’a pas encore eu le temps de procéder à une ablation mammaire dans la poursuite de son changement de genre. 

Le début de son long chemin

C’était dans les années 90 et on ne savait toujours rien sur le fait d’être transgenre, Ian a donc grandi en tant que fille. Durant son enfance, elle a toujours eu une expression plutôt masculine et aimait les femmes, elle pensait qu’elle était lesbienne et a donc fait son coming-out à l’âge de 15 ans.

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Cependant, elle a été rejetée par sa famille, elle a alors décidé de trouver sa version la plus féminine possible et a commencé à sortir avec plusieurs garçons. Bien sûr, toutes ses expériences ont été des échecs.

A l’université elle s’assumait comme une femme lesbienne et une amie – en toute confinace – lui a demandé : “Es-tu sûre de te sentir femme ? Es-tu vraiment satisfaite de ce genre ?”

À 27 ans, il a compris que le problème n’était pas son orientation sexuelle, c’est-à-dire s’il aimait les hommes ou les femmes, mais plutôt son identité de genre (s’il se percevait comme une femme ou se percevait comme un homme). C’est ainsi qu’il a compris qu’il n’était pas une fille lesbienne mais un homme trans.

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Désir d’être père

“Je voulais fonder ma famille mais il ne me venait pas à l’esprit de penser à la gestation, justement parce que je l’associais à l’idée d’être une femme”, révèle Ian à Infobae. “J’essayais de m’approprier mon identité masculine et d’en faire une partie totale et absolue de ma vie, je m’injectais de la testostérone. Je ne pensais pas qu’il était possible que l’on puisse être un homme et être enceint, au contraire, je sentais que ça allait à l’encontre de ma masculinité.”

Pourtant, les histoires des autres, comme celle de deux hommes trans espagnols qui étaient enceints, lui ont fait réaliser que cela pouvait être possible : “Même s’ils avaient un ventre de 8 mois, leur identité masculine n’a pas changé. Ils étaient eux, ils étaient toujours eux.”

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C’est ainsi qu’il a décidé de tomber enceint, tout en sachant qu’il devait arrêter de prendre de la testostérone pour retrouver son cycle menstruel. Mais bien sûr, pour lui “sa masculinité était si ancrée” que rien ne le ferait douter de son identité de genre, pas même ses menstruations.


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Après un traitement d’insémination pour tomber enceint, en 2021, il a découvert que non seulement il avait un bébé dans son ventre, mais qu’il s’agissait en fait de deux bébés, Manuel et Yanay Almendra, les jumeaux qui sont maintenant à quelques jours de la naissance.

“Être enceint n’est pas contre ma masculinité, pas même avec ce ventre de 8 mois”, déclare Ian, qui est désormais accompagné de sa compagne, Patricia, qui le soutiendra dans l’éducation des bébés.

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Les bébés sont attendus en août et, comme beaucoup d’autres parents trans, Ian donnera naissance à leurs enfants.

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